Bulletin médical spécial
L’état de santé de Mre Abderraouf Ayadi, en grève de la faim depuis le 18-10-2005 ne cesse de se détériorer. Contrairement au reste du groupe des grévistes, et de manière inhabituelle dans ces contextes de privation volontaire alimentaire, Mre Ayadi a montré un ensemble de symptômes d’altération de l’état général, dans son sens le plus global, particulièrement inquiétant. L’affaiblissement et la fatigue étaient déjà assez visibles dès le dixième jour. Les chiffres de la pression artérielle et du pouls était bas, mais n’était pas alarmants à ce stade de la grève. Rien, au départ, ne laissait présager d’une telle détérioration rapide, compte tenu du fait que Mre Ayadi est relativement jeune, de, bonne santé, pratique le sport et n’avait pas d’antécédents notables.
Vers le 12ème jour, les médecins ont noté un début d’ictère qui s’est confirmé le lendemain et les jours suivants. Au 13ème jour de la grève, Mre Ayadi a présenté un malaise subit dans l’après midi. L’examen médical en urgence était orienté vers une défaillance cardiaque. Mre Ayadi a été transféré dans une clinique privée. Il a subi des examens et a été vu par un cardiologue qui a considéré l’hospitalisation nécessaire pour la surveillance, le suivi et un complément d’exploration. L’évaluation de l’état de santé du médecin spécialiste en cardiologie était assez inquiétante : « La défaillance cardiaque est réelle, fonctionnelle, elle est vraisemblablement liée et précipitée par la privation alimentaire. Les troubles actuels du rythme cardiaque sont maîtrisés mais exige obligatoirement une reprise de l’alimentation. La poursuite de la grève, exige une surveillance rigoureuse, met en danger le fonctionnement cardiaque et constitue un risque majeur, difficile d’évaluer à quel moment il devient critique ».
Malgré cet avis, Mre Ayadi a préféré poursuivre sa grève et de quitter la clinique le lendemain de son hospitalisation. Les médecins réunis ont pris acte de cette complication et l’ont mis sous perfusion. Le lendemain, soit au 15ème jour, l’examen médical de Mre Ayadi était de nouveau problématique. Les fondamentaux étaient à la limite de la normale et l’ictère s’est aggravé. Il a de nouveau été transféré vers une clinique privée. Il a subi des explorations et a été examiné par un médecin spécialiste en gastro-entérologie. Bien que les bilans biologiques ne montraient qu’une perturbation partielle, l’examen clinique était orienté vers un dysfonctionnement hépatique. Le médecin spécialiste a considéré que cet état est lié à la privation alimentaire et que même si actuellement il n’existence pas à proprement parler de défaillance hépatique, une reprise de l’alimentation est nécessaire et un contrôle doit être effectué dans quelques jours.
Au vu de tous ces éléments, le comité médial est particulièrement préoccupé par l’état de santé de Mre Abderraouf Ayadi et de sa capacité physique à poursuivre la grève de la faim. Le comité médical a précisé aussi sa faible capacité à gérer en temps réel des complications de cette envergure dans les locaux où se déroule la grève de la faim. Le corps médical a expliqué à l’ensemble des grévistes qu’il considère que des éléments cliniques, biologiques et des explorations spécialisés sont réunis pour corroborer la thèse que la poursuite de cette grève pour Mre Ayadi va précipiter rapidement des décompensations dans au moins deux secteurs vitaux, en l’occurrence cardiaque et hépatique. Il appelle donc Mre Ayadi à reconsidérer sa position de poursuivre la grève de la faim et de tenir compte de l’avis médical documenté et corroboré par les examens complémentaires.
P/ Le comité médical
Dr Fethi TOUZRI
Vers le 12ème jour, les médecins ont noté un début d’ictère qui s’est confirmé le lendemain et les jours suivants. Au 13ème jour de la grève, Mre Ayadi a présenté un malaise subit dans l’après midi. L’examen médical en urgence était orienté vers une défaillance cardiaque. Mre Ayadi a été transféré dans une clinique privée. Il a subi des examens et a été vu par un cardiologue qui a considéré l’hospitalisation nécessaire pour la surveillance, le suivi et un complément d’exploration. L’évaluation de l’état de santé du médecin spécialiste en cardiologie était assez inquiétante : « La défaillance cardiaque est réelle, fonctionnelle, elle est vraisemblablement liée et précipitée par la privation alimentaire. Les troubles actuels du rythme cardiaque sont maîtrisés mais exige obligatoirement une reprise de l’alimentation. La poursuite de la grève, exige une surveillance rigoureuse, met en danger le fonctionnement cardiaque et constitue un risque majeur, difficile d’évaluer à quel moment il devient critique ».
Malgré cet avis, Mre Ayadi a préféré poursuivre sa grève et de quitter la clinique le lendemain de son hospitalisation. Les médecins réunis ont pris acte de cette complication et l’ont mis sous perfusion. Le lendemain, soit au 15ème jour, l’examen médical de Mre Ayadi était de nouveau problématique. Les fondamentaux étaient à la limite de la normale et l’ictère s’est aggravé. Il a de nouveau été transféré vers une clinique privée. Il a subi des explorations et a été examiné par un médecin spécialiste en gastro-entérologie. Bien que les bilans biologiques ne montraient qu’une perturbation partielle, l’examen clinique était orienté vers un dysfonctionnement hépatique. Le médecin spécialiste a considéré que cet état est lié à la privation alimentaire et que même si actuellement il n’existence pas à proprement parler de défaillance hépatique, une reprise de l’alimentation est nécessaire et un contrôle doit être effectué dans quelques jours.
Au vu de tous ces éléments, le comité médial est particulièrement préoccupé par l’état de santé de Mre Abderraouf Ayadi et de sa capacité physique à poursuivre la grève de la faim. Le comité médical a précisé aussi sa faible capacité à gérer en temps réel des complications de cette envergure dans les locaux où se déroule la grève de la faim. Le corps médical a expliqué à l’ensemble des grévistes qu’il considère que des éléments cliniques, biologiques et des explorations spécialisés sont réunis pour corroborer la thèse que la poursuite de cette grève pour Mre Ayadi va précipiter rapidement des décompensations dans au moins deux secteurs vitaux, en l’occurrence cardiaque et hépatique. Il appelle donc Mre Ayadi à reconsidérer sa position de poursuivre la grève de la faim et de tenir compte de l’avis médical documenté et corroboré par les examens complémentaires.
P/ Le comité médical
Dr Fethi TOUZRI

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