Le Courrier : Assiégée, l’opposition tunisienne recourt à la grève de la faim
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BRAS DE FER - Les grévistes de la faim réclament le respect de la liberté d'association et de celle de la presse, ainsi que la libération des prisonniers politiques. Au 18e jour de l'action, le régime ne montre aucun signe d'ouverture.
La grève de la faim entamée le 18 octobre par huit personnalités de l'opposition tunisienne entre dans une phase cruciale. L'hospitalisation le week-end dernier de trois membres du groupe en témoigne.
Deux d'entre eux ont pu ensuite regagner le local de grève. Ce n'est pas le cas du troisième. Admis dimanche dans une clinique de Tunis, Abderraouf Ayadi, secrétaire général du parti du Congrès pour la république (CPR–non autorisé), a dû stopper son action sur l'insistance de ses médecins et ses camarades.
Malgré cette défection, les sept rescapés «gardent un bon moral», assure au téléphone Hamma Hammami, le porte-parole du Parti communiste des ouvriers tunisiens (PCOT–formation interdite). «Le Ministère de l'intérieur n'a pas pu couper mon téléphone portable. Je ne peux pas en dire autant pour l'e-mail.» Ce vétéran de la contestation contre le règne du président Ben Ali est un habitué des grèves de la faim.
Mais celle-ci est inédite, analyse-t-il. Les différentes composantes de l'opposition tunisienne ont fait taire leurs querelles de clochers. Aux côtés du leader communiste, on trouve Ahmed Néjib Chebbi, le secrétaire général du Parti démocratique progressiste (PDP–autorisé). Les islamistes y sont représentés par deux responsables de l'Association internationale de soutien aux prisonniers politiques (AISPP), dont la majorité sont issus de cette mouvance.
Lofti Hajji, président du Syndicat des journalistes tunisiens (SJT), l'avocat Ayachi Hammami, de la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l'homme (LTDH), et le juge Mokthar Yahyaoui, déchu pour avoir critiqué sur Internet la mainmise du Palais sur le système judiciaire tunisien, complètent le tableau.
Alors que la Tunisie accueillera du 16 au 18 novembre le deuxième volet du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI), les grévistes réclament le respect de la liberté d'association et d'organisation, la liberté de la presse et de l'information ainsi que la libération de tous les prisonniers politiques, «islamistes, internautes ou jeunes injustement accusés de terrorisme».
«C'est le minimum, commente M.Hammami. Mais aujourd'hui, on ne peut même plus se réunir. Pour pouvoir se retrouver dans ce bureau du centre de Tunis, on a convoqué une conférence de presse à l'autre bout de la ville pour faire diversion. Le bâtiment a été encerclé par les forces de sécurité. Nous, nous étions déjà ici», raconte-t-il.
Depuis sa réélection il y a un an, le président Ben Ali a encore durci la répression contre les opposants à son régime. Ce printemps, il y a eu la lourde condamnation (trois ans et demi de prison) de Mohamed Abbou, coupable d'avoir publié sur la toile des textes virulents contre le président.
Ces dernières semaines, le régime a placé un comité choisi par ses soins à la tête de l'Association tunisienne des magistrats et a empêché la tenue des assemblées la LTDH et du SJT...
Au 18e jour de grève de la faim, ce même pouvoir ne montre aucun signe de fléchissement. Le 22octobre, le président Ben Ali s'en est pris, sans les nommer, aux huit personnalités les accusant de «manquer de patriotisme» en nuisant à l'image de la Tunisie juste avant le SMSI.
«Mercredi, la presse tunisienne a consacré quatre lignes à la conférence de presse que nous avions organisée, une première», rapporte M.Hajji. Mais les Tunisiens n'ignorent rien de la grève de la faim grâce aux chaînes satellitaires arabes. Les sept affirment recevoir chaque jour une centaine de visites. Ils se réjouissent aussi du fait que des comités de soutien fleurissent un peu partout dans le pays.
BRAS DE FER - Les grévistes de la faim réclament le respect de la liberté d'association et de celle de la presse, ainsi que la libération des prisonniers politiques. Au 18e jour de l'action, le régime ne montre aucun signe d'ouverture.
La grève de la faim entamée le 18 octobre par huit personnalités de l'opposition tunisienne entre dans une phase cruciale. L'hospitalisation le week-end dernier de trois membres du groupe en témoigne.
Deux d'entre eux ont pu ensuite regagner le local de grève. Ce n'est pas le cas du troisième. Admis dimanche dans une clinique de Tunis, Abderraouf Ayadi, secrétaire général du parti du Congrès pour la république (CPR–non autorisé), a dû stopper son action sur l'insistance de ses médecins et ses camarades.
Malgré cette défection, les sept rescapés «gardent un bon moral», assure au téléphone Hamma Hammami, le porte-parole du Parti communiste des ouvriers tunisiens (PCOT–formation interdite). «Le Ministère de l'intérieur n'a pas pu couper mon téléphone portable. Je ne peux pas en dire autant pour l'e-mail.» Ce vétéran de la contestation contre le règne du président Ben Ali est un habitué des grèves de la faim.
Mais celle-ci est inédite, analyse-t-il. Les différentes composantes de l'opposition tunisienne ont fait taire leurs querelles de clochers. Aux côtés du leader communiste, on trouve Ahmed Néjib Chebbi, le secrétaire général du Parti démocratique progressiste (PDP–autorisé). Les islamistes y sont représentés par deux responsables de l'Association internationale de soutien aux prisonniers politiques (AISPP), dont la majorité sont issus de cette mouvance.
Lofti Hajji, président du Syndicat des journalistes tunisiens (SJT), l'avocat Ayachi Hammami, de la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l'homme (LTDH), et le juge Mokthar Yahyaoui, déchu pour avoir critiqué sur Internet la mainmise du Palais sur le système judiciaire tunisien, complètent le tableau.
Alors que la Tunisie accueillera du 16 au 18 novembre le deuxième volet du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI), les grévistes réclament le respect de la liberté d'association et d'organisation, la liberté de la presse et de l'information ainsi que la libération de tous les prisonniers politiques, «islamistes, internautes ou jeunes injustement accusés de terrorisme».
«C'est le minimum, commente M.Hammami. Mais aujourd'hui, on ne peut même plus se réunir. Pour pouvoir se retrouver dans ce bureau du centre de Tunis, on a convoqué une conférence de presse à l'autre bout de la ville pour faire diversion. Le bâtiment a été encerclé par les forces de sécurité. Nous, nous étions déjà ici», raconte-t-il.
Depuis sa réélection il y a un an, le président Ben Ali a encore durci la répression contre les opposants à son régime. Ce printemps, il y a eu la lourde condamnation (trois ans et demi de prison) de Mohamed Abbou, coupable d'avoir publié sur la toile des textes virulents contre le président.
Ces dernières semaines, le régime a placé un comité choisi par ses soins à la tête de l'Association tunisienne des magistrats et a empêché la tenue des assemblées la LTDH et du SJT...
Au 18e jour de grève de la faim, ce même pouvoir ne montre aucun signe de fléchissement. Le 22octobre, le président Ben Ali s'en est pris, sans les nommer, aux huit personnalités les accusant de «manquer de patriotisme» en nuisant à l'image de la Tunisie juste avant le SMSI.
«Mercredi, la presse tunisienne a consacré quatre lignes à la conférence de presse que nous avions organisée, une première», rapporte M.Hajji. Mais les Tunisiens n'ignorent rien de la grève de la faim grâce aux chaînes satellitaires arabes. Les sept affirment recevoir chaque jour une centaine de visites. Ils se réjouissent aussi du fait que des comités de soutien fleurissent un peu partout dans le pays.

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